Tout a commencé en janvier 2023, sur le trajet retour du Marathon
de Brest. Cinq Bretons montés à Paris, cinq tenues trempées dans un TGV qui sentait
l'effort et l'orgueil. La conversation était simple : pourquoi est-ce qu'on se retrouve
toujours seuls à courir dans cette ville ?
Paris a tout : des parcs, des canaux, des berges, des ponts magnifiques à traverser
en sueur à 6h du matin. Ce qu'elle n'avait pas — pas pour nous, en tout cas —
c'était un club qui vous accueille sans vous demander votre chrono au kilomètre
et la marque de vos chaussures.
Alors on en a créé un. Sans budget, sans local, sans statuts déposés pendant six mois.
Le premier dimanche, on était sept. Le mois suivant, trente. Aujourd'hui on flirte
avec les 120 membres actifs, et on continue à courir comme si on
était encore sept : en s'attendant, en s'engueulant sur le parcours,
et en se retrouvant autour d'un café à la fin.
Le nom ? Paris-Brest, évidemment. L'aller-retour mythique.
Le gâteau qu'on mérite après 40 km. Et ce fil invisible
qui relie Montparnasse à la pointe Finistère — cette conviction qu'on peut
vivre à Paris sans renier d'où on vient, ni se couper de ceux qu'on est.
Le PBRC n'est pas une association sportive de quartier ni un club d'élite
qui vous scrute aux qualifs. C'est une meute.
Avec tout ce que ça implique : loyauté, effort, et une certaine idée
de ce qu'on est quand on court ensemble.